SANTÉ DE L'OCÉAN
René Quinton - pionnier des sciences de l'océan - et il y a d'autres dans nos pages.
   
PROTOCOL THÉRAPEUTIQUE ORIGINAL
POUR L'USAGE DU Plasma Marin
(d'après René Quinton)
 
La description contenue dans la page suivante reflète fidèlement le protocole thérapeutique original tel qu'il a été utilisé par R. Quinton lui-même vers les années 1905.
 
L'EAU DE MER EN THÉRAPEUTIQUE (René Quinton)
 
Il est clair que la conception organique marine que nous avons établie ne peut manquer d'entraîner des applications thérapeutiques. Nous savons aujourd'hui que l'organisme est un véritable aquarium marin. Un organisme est composé de cellules vivantes, toutes situées au contact d'un liquide que nous avons nommé leur lilieu vital, et qui est un liquide marin. Si on se rapelle l'importance du liquide pour les cellules, on voit le rang que peut prendre une thérapeutique à l'eau de mer, dans tous les cas où le liquide des cellules organiques (milieu vital) est vivié pour une cause quelconque: empoisonnement chimique ou microbien, insuffisance des émonctoires, défauts alimentaires, etc.
 
 
Mode d'application ORIGINALE du traitement Plasma Marin:
 
Le traitement marin que nous avons appliqué dans les services hospitaliers de Paris (hôpitaux Saint-Louis, Beaujon, Hôtel-Dieu, Tenon, Maison Dubois, Pitié et à l'asile de Mouleaux) a consisté en injection sous-cutanées d'eau de mer ramenées à l'isotonie organique à la dose 0.01 à 0.015 (pour ce mélange d'un centième à un centième et demi) du poids du corps du sujet.
 
Les premières injections que j'ai pratiquées (juillet - août 1897) furent des injections intraveineuses. En mon absence, dans un cas de cirrhose se terminant par érysipèle, cas désespéré, la mort étant attendue pour le jour même, un interne provisoire du service obtint un plein succès après une injection sous-cutanée de ma préparation, qu'il pratiqua sans aucun espoir. Le malade sortait de l'hôpital deux semaines après.
 
Je ne donne pas ma formule de traitement comme définitive, ni la meilleure dont on puisse faire usage. J'ai cru devoir injecter à l'isotonie, pour écarter une inconnue et un trouble dans les expériences, mais je tiens de médecins de la marine que d'excellents effets ont suivi la simple injection de ma préparation telle quelle (disponible maintenant sous la dénomination le Plasma Marin Hypertonique  - complément diététique revitalisant). Cette pratique aurait l'avantage de réduire des deux tiers le volume à injecter; l'expérience comparative est donc à tenter. J'ai limité à un centième ou un centième et demi la dose d'injection, parce qu'il m'a semblé que cette dose (même concentration que le plasma humain) suffirait à produire les effets immédiats d'une dose double ou triple, mais il n'est aucunement dit qu'une injection plus forte n'ait en soit des avantages que je n'ai pas eu le loisir d'observer.
 
Où l'observation est plus précise, c'est sur la qualité du liquide à injecter. Cette observation pourrait être résumée en définitive. Il n'y a pas à songer à composer une eau de mer artificielle. L'eau de mer doit être élaborée selon mon protocole, ramenée à un point voisin de l'isotonie organique (disponible maintenant sous la dénomination Plasma de Plasma Marin Isotonique).
 
Dose minima d'injection: 700 g, pour un adulte du poids moyen de 65 kg.
 
Intermittence des injections: Lorsqu'elles doivent être répétées: tous les cinq jours, puis tous les six, sept, huit, etc. selon leur durée d'action très facilement appréciable (voir plus loin).
 
Lorsque plusieurs injections sont pratiquées sur le même malade, il y a avantage à injecter au même endroit. La douleur locale de la première injection ne se fait plus sentir que très atténuée aux suivantes.
 
Effets immédiats de l'injection:
 
L'injection est suivie d'une réaction qui dure environ douze heures. À un moment variable (une heure, deux heures, trois heures après; quelquefois, pendant l'injection elle même, si elle est lente), le malade est pris de frissons, souvent très violents, avec claquements de dents et soif plus ou moins vive. La température s'élève sans discontinuer pendant quatre ou cinq heures (d'environ 1,5 à 2 dégrées), puis s'abaisse comme elle était montée et revient d'une façon générale au-dessous de la température initiale. Le malade, altéré, boit de 1 à 3 litres d'eau. L'inappétence est absolue; quelques maux de coeur (malaise) ou de tête légers sont assez fréquents. Plus cette réaction est vive, plus le bénéfice à attendre de l'injection est grand. En aucun cas, elle n'est à redouter, quelle que soit la faiblesse du sujet ou sa température initiale. Dans une affection fébrile, où la température avant l'injection était de 39,5 dégrées C, elle put monter à 41,50 C et se maintenir même pendant six heures consécutives au-dessus de 41 dégrées C, sans le moindre inconvénient.
 
Vingt-quatre heures après l'injection, le malade est trouvé généralement abattu, tant de la crise, qui vient de se produire, que de l'insomnie partielle qu'elle a déterminée. L'amélioration se distingue cependant à certains signes, pour s'affirmer nettement dans les cas favorables vers la 36e heure, ou au plus tard le 2e jour. Elle se maintient ainsi et s'accentue les 3e et 4e jours. On assiste dans certains cas à une véritable résurrection du malade. Saisissante par sa brusquerie: toutes les douleurs ou malaises qui précédaient l'injection sont disparus; les forces s'installent; l'appétit, nul avant le traitement, devient exagéré, avec fringales; le sujet, alité depuis des semaines, se lève, marche, circule plusieurs heures.
 
Le cinquième jour au matin, changement complet. L'état d'abattement, antérieur au traitement, occupe de nouveau la scène (sauf dans les cas d'affections aiguës où une injection suffit pour amener un relèvement définitif). La seconde injection est alors pratiquée. Le cycle des effets décrits se déroule à nouveau, avec relèvement plus marqué.
 
Les injections s'espacent ainsi naturellement de cinq, puis six, sept, huit jours, selon la durée du bénéfice obtenu.
 
Les difficultés auxquelles je me suis heurté, quand la station d'Arcachon ne pouvait plus m'envoyer l'eau de mer élaborée selon mon protocole, ont interrompu successivement beaucoup de mes expériences. De leur ensemble, ma préparation paraît s'affirmer toutefois comme un adjuvant thérapeutique puissant. Dans trois cas aiguës de gravité particulière, gastro-entérite infectieuse de nature indéterminée, empoisonnement par l'acide oxalique, cirrhose-érysipèle, le succès a été immédiat et complet. Dans la syphilis, sur une syphilide maligne précoce et une autre invétérée, l'injection a été suivie dés le deuxième jour d'une cicatrisation très nette des ulcères qui couvraient le corps des sujets. Dans un cas, la cicatrisation était complète sur la plupart au bout de sept jours. Résultats de même sens dans la tuberculose cutanée.
 
L'action thérapeutique de l'eau de mer est donc flagrante. Des expériences ultérieures devront la mesurer et la spécifier. » L'eau de mer introduite dans un milieu vital vicié accél1ere la vitalité des cellules.
 
 
René Quinton
 

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