SANTÉ DE L'OCÉAN
René Quinton - pionnier des sciences de l'océan - et il y a d'autres dans nos pages.
   
L’EAU DE MER
EN INJECTIONS ISOTONIQUES SOUS-CUTANÉES
DANS LE TRAITEMENT DE LA TUBERCULOSE PULMONAIRE
 
Danger-TB 
 
par: Dr. ROBERT-SIMON ET RENÉ QUINTON
 
PARIS
ÉDITIONS DE LA REVUE DES IDÉES
7, RUE DU VINQT-NEUF JUILLET 7
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1906
 

   
Sommaire:
 
III. Résultats obtenus (19 cas)
Détails des observations (19 cas spécifiques)
  
 
 

   
I. Conditions d’expérience
 
Le travail personnel qui suit porte sur dix-neuf tuberculeux pulmonaires, traités par les injections sous-cutanées de plasma marin, c'est-à-dire d'eau de mer isotonique. La valeur relative de nos résultats ressort des considérations ci-après:
 
Les dix-neuf cas que nous rapportons ne sont pas des cas plus ou moins heureux choisis entre d'autres, mais les seuls qu'il nous ait été donné d'observer;
 
Aucune sélection n'a présidé à la mise en traitement des sujets. Les dix-neuf tuberculeux pulmonaires dont l'observation suit, sont les seuls que le hasard nous ait présentés (1);
 
Les résultats obtenus sont bien dus pour la plus grande part au traitement sous-cutané marin, et non à d'autres traitements actifs qui auraient été suivis concurremment. En effet, tandis que les trois procédés curatifs les plus puissants, mis en œuvre aujourd'hui (1906) contre la tuberculose pulmonaire, sont:
 
  • la suralimentation ou l'alimentation choisie,
  • l'aération intensive, en montagne ou à l'océan (climatothérapie),
  • le repos physique et moral:
 
(1) Nous aurions pu instituer le traitement marin sur une plus grande échelle en nous adressant aux hospitalisés; mais c'est ce qu'une expérience antérieure nous interdisait. (Voir QUINTON, l'Eau de mer milieu organique, 1904, p. 466: «Je n'ai expérimenté la tuberculose qu'à son état le plus avancé et à l'hôpital. L'hôpital réalise les conditions de traitement les plus défavorables pour cette affection: qualité insuffisante de la nourriture, inconvénients de la promiscuité, troubles de chaque nuit, réveil forcé à la première heure du jour, etc.. Je ne saurais trop recommander aux praticiens qui désireraient tenter le traitement marin dans cette affection d'expérimenter non pas dans leurs services hospitaliers, mais à la Ville…»)
 
a) Aucun de nos malades n'a été soumis à un régime diététique spécial; tous ont reçu l'ordre de régler leur alimentation sur leur appétit, sans le forcer jamais. — Bien mieux, sur nos dix-neuf sujets, huit, et particulièrement cinq (Observations IV, VII, VIII, XIII, XIX), n'ont pu, par suite de leurs ressources réduites, s'alimenter d'une façon suffisante en quantité ou en qualité.
 
b) Sur nos dix-neuf malades, dix-sept n'ont pas quitté Paris pendant toute la durée du traitement; aucune action climatique n'a donc pu s'exercer sur eux; l'aération, insuffisante pour tous du fait du séjour à Paris, a été complètement défectueuse dans neuf cas (logements étroits ou insalubres, travail dans des magasins, usines, fabriques, etc.: observations IV, V, VII, VIII, XII, XIII, XVI, XVII, XIX). Deux seuls de nos sujets ont effectué une partie du traitement hors Paris, l'un (Observation 1), à la campagne, dans la Sarthe, pendant 70 jours sur les 112 jours de traitement, — l'autre (Observation XVI) dans les Alpes, en cure libre, pendant 153 jours sur 223. Chez ces deux sujets, l'action du traitement sous-cutané marin s'était d'ailleurs révélée avec netteté avant leur départ en province et l'adjonction du facteur climatique.
 
c) Chez nos dix-neuf malades, dix-sept ont continué à vivre, pendant tout le cours du traitement, de l'existence ordinaire de Paris. Huit devaient même se livrer à un travail excessif (Observations IV, V, VI, VII, VIII, IX, XIII, XV). La cure adjuvante de repos n'a donc été observée par ancun de ces dix-sept sujets. — Chez un seul (Observation XVI, déjà citée) cette cure a été réalisée en partie (repos forcé au lit, à Paris, par suite de la faiblesse, puis cure de chaise longue, pendant deux mois, dans les Alpes).
 
d) Enfin, sur nos dix-neuf malades, dix-sept n'ont eu aucune autre médication que la médication marine. Deux seuls (Observations XI et XVI,déjà citée) ont reçu en outre des injections trachéales d'huile eucalyptolée et des injections sous-cutanées de cacodylate de gaiacol. Encore chez l'un des deux (Observation XVI), les injections marines ont-elles déterminé dès leur début une ascension de poids, alors que, sous la médication précédente, le poids et l'état restaient stationnaires depuis deux mois.
 
En résumé, le traitement sous-cutané marin a été complètement isolé chez seize de nos dix-neuf malades. Quatre de ces seize malades étaient à la fois mal alimentés, mal aérés et soumis à un travail excessif (IV, VII, VIII, XIII). Trois autres, assez bien nourris et aérés (mais habitant Paris), souffraient d'un excès de travail (VI, IX, XV); un huitième pâtissait à la fois d'une aération défectueuse et du même abus de travail (V); un neuvième, d'une alimentation et d'une aération très insuffisantes (XIX).
 
Les sept autres, bien nourris, mais non suralimentés, vivaient de l'existence peu hygiénique de Paris, sans aération véritable et sans repos proprement dit. On voit que chez la grande majorité de nos sujets, loin qu'un élément étranger soit venu seconder les effets du traitement sous-cutané marin, les conditions dans lesquelles celui-ci fut appliqué étaient plutôt défavorables à sa réussite.
 

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II. — Méthode et technique des injections
 
Dans les observations détaillées (voir plus loin, à l'Appendice), on trouvera pour chaque malade le nombre des injections marines [eau de mer isotonique ou "Ocean Plasma", "Plasma  Marin"] qui lui ont été faites, leurs doses et leurs intervalles. D'une façon générale, la ou les premières injections chez l'adulte ont été de 50 cc., les suivantes de 100 cc. Nous ne passions aux doses de 200 et de 300 cc. qu'autant que celles de 100 s'étaient montrées insuffisamment actives. Les intervalles entre les injections, à moins d'irrégularité de la part du malade, ont été invariablement de trois ou quatre jours.
 
Les durées de chaque période de traitement ont été très inégales: de 23 à 133 jours chez les tuberculeux du premier degré, de 37 à 221 jours chez ceux du deuxième, de 33 à 319 jours chez ceux du troisième. Cette durée de 35 jours chez un tuberculeux du troisième degré est d'ailleurs insuffisante.
 
L'eau de mer que nous employions était captée au large, par les soins de la Station biologique d'Arcachon, ramenée à l'isotonie par addition d'eau de source très pure, stérilisée ensuite à froid au filtre Chamberland en dehors de tout contact de métal et de caoutchouc, et utilisée dans les trois semaines suivant sa capture.
 
La méthode à suivre, tant pour l'efficacité que pour l'indolence des injections, demande des indications expresses. Nous les donnons ici en note, telles qu'elles résultent pour nous d'une année d'expérience (1).
 
(1) Lieu de l'injection. — Chez le tuberculeux pulmonaire, l'injection doit être invariablement faite en arrière de là région trochantérienne, et peu profondément, dans le tissu conjonctif lâche. ll ne faut jamais injecter dans la masse musculaire des cuisses où l'injection est pénible, ni dans le tissu sous-cutané de la région abdominale, où les efforts de la toux éveillent les premiers jours une impression douloureuse.
Pour éviter cet élément douleur, la première injection ne dépassera jamais 50 cc.; toutes les suivantes seront pratiquées au même endroit, afin de profiter de la distension une fois faite des tissus. L'asepsie de la peau, du tube injecteur et de l'aiguille sera naturellement observée.
 
Doses. — 50 cc. au pIus, comme il vient d'être dit, pour la première injection. — 100 cc. dès la seconde et pour les suivantes. — Si, après la quatrième injection, le bénéfice obtenu n'est pas très marqué, avec relèvement de l'état général, apparition de l'appétit, diminution de la toux, de l'expectoration, etc., les doses seront portées à 200 cc., et s'il est nécessaire à 300. — Une réaction trop vive dans les douze heures suivant l'injection indiquerait que la dose utile est non seulement atteinte, mais dépassée.
En pratique, la dose de 100 cc. chez l'adulte est dans la plupart des cas suffisante. Celle de 200 cc. demande rarement à être augmentée.
 
lntervalle. — L'intervalle entre les injections, que celles-ci soient de 50, 100, 200 ou 300 cc., sera de trois ou quatre jours.
 
Durée. — La durée du traitement dépend uniquement de l'amélioration obtenue. Elle ne doit pas être inférieure à un mois ou un mois et demi (dix à quinze injections). Elle pourrait être prolongée indéfiniment sans inconvénient. — La marche à suivre a cet égard nous parait être celle-ci: après une série de vingt injections, par exemple, le sujet est abandonné à lui-même et observé de près, à la balance. Si l'état décline, une nouvelle série d'injections est entreprise. — Dans la tuberculose assez avancée (deuxième et troisième degrés), la durée de chaque période de traitement nous semble devoir être plus longue. Mais c'est ce dont une expérience ultérieure pourra seule décider avec quelque certitude.
 
Moment de l'injection. — Ce moment est indifférent. L'injection peut précéder, suivre et même accompagner les repas. Les époques menstruelles ne sont pas une contre-indication. Il n'y a aucun inconvénient à injecter pendant cette période, qui ne devra jamais déterminer une interruption du traitement. 
 
Récence de l'eau de mer d'injection. — L'eau de mer isotonique à injecter devra être récente. Comme nous l'exprimions plus haut, nous n'avons jamais employé un liquide marin datant de plus de trois semaines.
 
Réaction propre à l'injection. — En injectant la première fois 30 cc., puis ensuite 100 cc., la réaction déterminée par l'injection est en général très faible, sinon nulle. Toutefois, le malade peut éprouver, dans les vingt-quatre heures qui suivent, du frisson, de l'agitation, de l'insomnie, un peu de fièvre. Dans aucun cas il n'y a à s'en inquiéter. Non seulement tout rentre bientôt dans l'ordre, mais le bénéfice est prompt. Les praticiens qui craignent l'injection marine dans le traitement de la tuberculose pulmonaire, à cause de la réaction fébrile qu'elle peut déterminer transitoirement, sont victimes d'une idée théorique qui, comme ce travail le montre, ne résiste pas à l'expérience.
 
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III. — Résultats obtenus
 
Nos dix-neuf tuberculeux pulmonaires se répartissent ainsi (1):
 
Tuberculeux pulmonaires...
 
 
Les effets produits par le traitement sous-cutané marin sont les suivants:
 
Action sur l'état général.
 
Avant le début du traitement, l'état de l'appétit chez nos dix-neuf sujets se répartissait comme suit: nul dans deux cas (IV, XIX), mauvais dans douze, assez bon ou bon dans cinq (V, IX, X, XI, XVII).
 
Dès la deuxième ou troisième injection (six cas: I, II, VII, XII,XIII, XVIII) ou au plus tard vers la sixième (tous les autres cas) (2), l'appétit s'éveille ou augmente; dans six cas (IV, VII, VIII, XI, XIII, XVI), il devient bientôt de la fringale. Non seulement le dégoût invétéré pour les aliments fait place à du désir, mais un besoin impérieux de nourriture s'empare du malade…
 
(1)   Cette répartition ne nous est pas favorable. Nous avons fait figurer dans le premier degré deux malades, déjà porteurs d'un petit foyer de craquements humides (IV, VII), et qui eussent pu être comptés dans le second degré.
 
(2)   Sauf un: XVII, mais où l'appétit était bon.
 
…en dehors même des repas.— Après cessation du traitement et au moins pendant plusieurs mois, cette appétence se maintient chez tous les sujets, sauf un: XIX (1).
 
Avant le début du traitement, la répartition quant au sommeil était: très mauvais ou mauvais dans douze cas (avec agitation et cauchemars dans huit), assez bon ou bon dans les sept autres. — Dès la deuxième ou troisième injection dans six cas, dès la cinquième dans tous les autres, sauf deux (X, XVIII), l'agitation, les cauchemars diminuent; le repos devient possible, le sommeil profond et réparateur. — Après arrêt des injections et au moins pendant plusieurs mois, cette amélioration du sommeil persiste chez tous les sujets, sauf deux (XII, et XIX déjà cité).
 
Chez sept de nos sujets (III, IV, VIII, X, XIII, XVIII, XIX), le sommeil s'accompagnait de «sueurs nocturnes». — Sauf dans un cas (XVIII), elles rétrocèdent dès la première ou la troisième injection, puis disparaissent d'une façon à peu près complète. — Après cessation du traitement et au moins pendant plusieurs mois, l'amélioration se maintient dans tous les cas, sauf un (XIX), déjà cité.
 
 Avant le début du traitement, la répartition quant à l'état de force ou d'asthénie était: asthénie profonde (dix cas); moins ou peu marquée (neuf cas).— Dès la deuxième ou la quatrième injection (sept cas: I, II, III, VII, XII, XIII, XIX), ou un peu plus tard (tous les autres cas sauf un: XVIII), les forces reviennent; la voix, les gestes se modifient, s'avivent; un entrain croissant remplace la dépression; la marche soutenue devient possible; la gaieté, l'euphorie apparaissent; l'habitus du malade est transformé. — Après cessation du traitement, et au moins pendant plusieurs mois, cette amélioration se maintient chez tous les sujets, sauf un (XIX), déjà cité.
 
 Le teint fané, terreux, cireux, les taches roussâtres (éphélides), l'atonie du regard, des chairs, les rides, propres à des titres divers à tous les sujets, font place en quelques semaines, chez tous nos tuberculeux du premier et du deuxième degré, chez deux de nos tuberculeux du troisième (sur cinq), à un teint clair, coloré, uni, à un œil vif, à des chairs fermes et tonifiées, qui rendent dans quelques cas le malade presque méconnaissable (I, VII). — Après arrêt des injections, et au moins pendant plusieurs mois, cette amélioration persiste chez tous les sujets.
 
Avant le début du traitement, deux de nos malades (VI, IX) souffraient d'une constipation accusée, un autre (XV), de vomissements quotidiens après la toux du matin; un autre (XVIII), de diarrhée et de vomissements alimentaires; cinq, de céphalée tenace (V, VI, VIII, IX, X); deux d'une trémulation à peu près constante (I, VI). — Sous l'influence des injections et au bout d'un temps variable, la constipation, les vomissements du matin, la céphalée, la trémulation disparaissent d'une façon plus ou moins complète. Seuls, les vomissements alimentaires et la diarrhée du XVIII (troisième degré) ne sont modifiés que d'une facon transitoire. — Après arrêt des injections et au moins pendant plusieurs mois, toutes ces amélioriations persistent.
 
(1) Ce sujet avait été d'ailleurs insuffisamment traité pour son état avancé (sept injections, tuberculose au troisième degré).
 
Action sur l'état gynécologique (1).
 
Sept de nos sujets (I, III, VIII, XI, XV, XVI, XVIII) présentaient de la dysménorrhée, dont trois avec migraine menstruelle, quatre autres avec leucorrhée abondante, trois avec céphalée tenace, deux avec retard, une avec constipation. — Dans six cas, à la suite du traitement marin, la dysménorrhée rétrocéda ou disparut dès les premières règles qui suivirent les injections; dans deux de ces cas, elle reparut d'ailleurs avec intensité aux règles suivantes. Les trois migraines menstruelles cédèrent d'une façon complète (III, XV, XVI); les trois céphalées tenaces, d'une façon complète dans un cas (IX), notable dans les deux autres (VIII, XV); la constipation disparut (IX); les règles suspendues chez un sujet se rétablirent (XV); une perte leucorrhéique se tarit complètement (I), une autre étant améliorée (IX), les deux dernières non modifiées (VIII, XI). — Après arrêt des injections, et au moins pendant plusieurs mois, toutes ces améliorations persistent.
 
(1) Nous avons proposé l'appellation de gynalgie pour l'état caractérisé chez la femme par les trois symptômes suivants, si fréquemment associés qu'ils semblent constituer une sorte d'entité morbide: troubles menstruels avec dysménorrhée, migraine et céphalée, constipation, (Voir Robert Simon et Quinton, Soc. de Thérap., 24 janvier 1906).
 
Action sur le poids
 
L'importance du facteur: poids, dans l'évolution de la tuberculose pulmonaire, est capitale. Avant le début du traitement, tous nos sujets, sauf deux — l'un du premier degré, stationnaire (III), l'autre du troisième degré, en ascension (XVI) — perdaient du poids. Cette perte était de 2 gr. 3 à 33 gr. par jour en moyenne, chez les tuberculeux du premier degré, de 4 gr. 1 à 86 gr. chez ceux du deuxième, de 4 gr. 3 à 80 gr. 6 chez ceux du troisième degré.
 
Aussitôt le traitement sous-cutainé marin institué, le poids pour ainsi dire rebondit. L'augmentation moyenne pendant cette période du traitement est de 2. gr. 2 à 96 gr. 8 par jour chez les tuberculeux du premier degré, de 2 gr, à 28 gr. 4 chez ceux du deuxième, sauf dans un cas où le malade continue à perdre (6 gr. 9 par jour); de 29 gr. 6 à 38 gr. 1 chez deux tuberculeux du troisième degré (sur cinq), les trois autres continuant leur chute, toutefois ralentie.
 
Ce bénéfice pondéral ne se limite pas à la période du traitement, mais continue à se manifester ensuite pendant des mois entiers (deux à huit) dans la majorité des cas: dans sept cas sur neuf au premier degré (4 gr. 3 à 28 gr. 3 par jour), trois sur quatre au deuxième (2 à 14 gr. 7), un sur trois au troisième (25 gr.), soit dans onze sur seize cas. Le mouvement pondéral moyen, avant, pendant et après les injections marines, dans chacune des trois catégories de tuberculeux, puis dans leur ensemble, se trouve résumé dans le tableau ci-dessous.
 
 
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On voit en définitive que la chute moyenne de 9 gr. 4 par jour et par sujet, antérieure aux injections de plasma marin, se transforme en un gain de 13 gr. 7 pendant la période des injections, de 5 gr. 1 pendant celle qui les suit, — ces chiffres moyens étant basés sur 9343 journées d'expérience, 5237 avant le traitement marin, 2097 pendant, 2011 après.
 
Les mêmes chiffres, calculés non plus par jour, mais par mois, donneraient:
 
Chute pondérale par mois et par sujet, avant le traitement marin: -282 gr.
Augmentation pondérale par mois et par sujet, pendant le traitement marin: +411 gr.
Augmentation pondérale par mois et par sujet, après le traitement marin: +153 gr.
 
Le tableau et les graphiques ci-après détaillent et figurent le mouvement pondéral moyen par degré et pour chaque sujet, avant, pendant et après les injections marines.
 
 
Action sur l'état pulmonaire. 
 
Avant le début du traitement marin, cinq de nos malades présentaient une toux modérée, quatre une toux fréquente, neuf une toux opiniâtre. L'expectoration, faible dans onze cas, était abondante dans les huit autres. — Dès la troisième ou la quatrième injection dans un tiers des cas, dès la huitième au plus tard dans tous les autres, sauf trois du troisième degré, la toux et l'expectoration subissent une réduction de plus de moitié, puis tendent à disparaître. — Après cessation du traitement et au moins pendant plusieurs mois, cette diminution ou cette disparition persistent dans tous les cas, sauf un (XIV).
 
Sur sept cas de dyspnée accusée, quatre s'améliorent très notablement (un du premier degré, trois du deuxième) et restent améliorés pendant plusieurs mois après cessation des injections. Trois dyspnées du troisième degré ne sont pas influencées (XVII, XVIII, XIX).
 
 
 
Fig. 1. — Graphique représentant, pour les tuberculeux pulmonaires au 1ier degré, la chute ou l'augmentation pondérales, calculées par jour, avant, pendant et après le traitement hypodermique marin.
 
 
Sur les dix-neuf sujets, treize n'étaient pas des hémoptoïques. Aucune hémoptysie n'est survenue chez ceux-ci ni pendant ni après le traitement. Les six autres avaient eu précédemment des hémoptysies: le premier, une, quinze jours avant le début du traitement (V); le second, trois, treize et quatorze ans auparavant (XII); le troisième, un nombre indéterminé depuis quelques mois (XIII); le quatrième, deux, depuis trois ans (XV); le cinquième…
 
 
 
Fig. 2. — Graphique représentant, pour les tuberculeux pulmonaires au 2ième degré, la chute ou l'augmentation pondérales, calculées par jour, avant, pendant et après le traitement hypodermique marin. 
 
...trois, depuis quatre mois (XVI); le sixième, dix-huit, depuis quatre ans (XVII). Quatre de ces malades n'ont présenté aucune nouvelle expectoration sanglante pendant la période du traitement. Les deux autres ont vu leurs hémoptysiés diminuer d'une façon très sensible; chez l'un (XII), elles s'espacèrent et se réduisirent à la fois; chez l'autre (XVII), la figure IV, (ci-bas), établie par le malade lui-même montre l'amélioration frappante, coïncidant avec la période des injections. Chez ce sujet, les hémoptysies, depuis quatre ans, n'avaient….
 
 
Fig. 3. — Graphique représentarit, pour les tuberculeux: pulmonaires au 3ième degré, la chute ou l'augmentation pondérales, calculées par jour, avant, pendant et après le traitement hypodermique marin.
 
…pas cessé de croître. Elles étaient arrivées en 1904 à une abondance telle qu'une hémoptysie terminale semblait toujours a craindre. Or, pendant les dix mois et demi du traitement marin, l'hémoptysie la plus forte fut de trois gorgées de sang, les autres étant seulement d'une gorgée, ou de quelques crachats teintés. Comme ce malade recevait tous les quatre jours une injection de 300 cc. d'eau de mer isotonique, on voit à quel point l'idée a priori qui donne à redouter dans l'hémoptysie toute injection sous-cutanée, à cause de l'hypertension qu'elle peut déterminer, n'est pratiquement pas fondée (1). Jamais dans nos expériences l'injection marine n'a suscité d'hémoptysie; elle n'a agi sur ce symptôme que pour l'améliorer.
 
 
 

 
 
Après cessation du traitement, deux de nos six hémoptoïques (deux femmes, XV, XVI) ont eu simplement et une fois au moment des règles, l'une quelques crachats teintés, l'autre une hémoptysie.
 
(1) Voir la  discussion sur ce point, LAUFER,  ROBERT SIMON, Soc. de  Thrap., 28 février, .14 mars, 28mars 1906.
 
A des points variables du poumon, nos tuberculeux du premier degré présentaient avant le début du traitement: sept, de la matité (épanchement liquidien); neuf, de la diminution du murmure vésiculaire; trois, de la saccade; deux, du souffle; trois, des frottements; quatre, des  craquements secs; deux, un petit foyer de craquements humides.— A la fin du traitement sous-cutané marin, la matité, la saccade n'avaient naturellement pas varié, ou fort peu; mais dans sept cas (sur neuf), le murmure vésiculaire était à la fois plus perceptible et plus ample; les frottements, les craquements secs, les craquements humides avaient disparu. — Plusieurs mois après la cessation du traitement, non seulement la disparition de ces derniers signes persistait, mais le murmure vésiculaire avait encore gagné en force et en étendue dans trois cas.
 
Les tuberculeux du deuxième degré présentaient (1): quatre, de la matité; quatre, de la diminution du murmure vésiculaire (allant chez l'un d'eux jusqu'à l'obscurité absolue d'un poumon); un, de la saccade; deux, du souffle; trois, des frottements; trois, des craquements secs; quatre, des râles humides. — A la fin du traitement marin, la matité, la saccade, le souffle, les craquements secs n'avaient pas varié, ou fort peu; mais dans deux cas (sur quatre), le murmure vésiculaire avait fortement augmenté; on avait pu assister à sa réapparition progressive dans le poumon complètement obscur antérieurement; aucun frottement pleural n'existait plus; dans deux cas les râles humides s'étaient améliorés d'une façon notable; dans deux autres ils avaient complètement disparu. — Chez le seul sujet de cette catégorie observé après cessation du traitement (X), l'amélioration, c'est-à-dire la disparition des frottements pleuraux et des râles humides, ne s'était pas démentie après huit mois. Les tuberculeux du troisième degré présentaient: cinq, de la matité; cinq, du souffle cavitaire; un, des craquements; quatre, des frottements; quatre, des râles humides; quatre, du gargouillement. — À la fin du traitement marin, deux foyers de frottements (sur quatre) avaient disparu; deux cavernes semblaient asséchées (disparition des craquements et d'un gargouillement), les trois autres n'ayant été influencées en rien par le traitement (persistance des râles humides et du gargouillement).
Notons enfin que, dans deux cas, l'un du premier degré (IV), extrêmement amélioré cependant, l'autre du deuxième (XIV), des frottements qui n'existaient pas au début du traitement, se faisaient entendre à la fin.
 
Action sur la fièvre
 
Deux seuls de nos malades prenaient leur température avant le traitement et l'ont prise pendant. La condition sociale de la plupart des autres, le travail auquel ils étaient soumis ne leur permettaient pas l'observation thermométrique. Cette partie de notre travail est donc insuffisamment documentée. Toutefois:
 
Neuf de nos malades étaient, selon toute apparence, apyrétiques (I, II, V, VI, VII, IX, XI, XII, XIV). — Ils le sont restés pendant tout le traitement, et après.
 
(1) Nous ne comprenons pas dans cette nomenclature le cas de tuberculose laryngée.
 
Quatre autres (III, VIII, X, XIII), apyrétique dans la journée, présentaient des sueurs nocturnes, probablement révélatrices de l'accès fébrile (de la nuit mis en lumière par Barbier (1). — Ces sueurs ont diminué, puis disparu d'une façon complète chez les quatre sujets sous l'influence du traitement.
 
Les six derniers malades étaient composés d'un subfébrile (XVII), de quatre fébricitants intermittents (IV, XV, XVI, XIX), d'un fébricitant chronique (XVIII).
La température du subfébrile, prise quotidiennement depuis quatre ans à trois heures de l'après-midi, avait été en moyenne, en faisant abstraction des périodes d'hémoptysies: 37°5 (1901), 37°8 (1902), 37°5 à 38° (1903), 38°5 à 37° (1904), 37°2 à 37°4 (janvier-février 1903). Pendant les dix mois et demi du traitement marin, la température, prise à la même heure, a oscillé presque constamment entré 36°7 et 37°3, abstraction faite de la température réactionnelle du jour de chaque injection, température d'ailleurs peu élevée, presque toujours inférieure à 37°5, ayant atteint 38° trois fois seulement.
Les quatre fébricitants intermittents ont vu leurs accès ou ne pas reparaître, ou s'espacer et disparaître, pendant le traitement et après.
 
Le fébricitant chronique, avant le début du traitement, avait des accès à peu près quotidiens, à heures variables, avec ascension thermique à 38° ou 39°3. Pendant le premier mois des injections, ces accès ne se reproduisent plus, an dire du malade qui cesse malheureusement pour cette raison de relever sa température. Ils reparaissent d'ailleurs le mois suivant (38°6.) Notons que ce sujet (XVIII, troisième degré) est un des trois sur lesquels, vu sans doute leur état avancé, le traitement a été sans effet.
Ainsi, et autant qu'il nous est permis de conclure avec des documents aussi insuffisants, action indifférente sur la température chez les apyréliques, favorable chez les fébricitants.
 
(1) BARBIER, Recherches thermométriques sur la tuberculose. Soc. méd. des Hôp., 10 novembre 1899, p. 844, — in Traité de médecine de Bouchard et Brissaud, 2ième éd., 1901, tome VII, p.203 Paris, Massn. 
 

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IV. — Résumé des résultats obtenus - interprétations
 
L'ensemble des résultats obtenus peut se résumer brièvement...
 
Chez tous les tuberculeux traités, presque sans exception, — amélioration rapide, progressive et persistante de l'appétit, du sommeil, des forces, de l'habitus, de tout l'état général.
 
Chez tous les tuberculeux traités, sauf quatre (un du deuxième degré, trois du troisième), — élévation immédiate et progressive du poids qui périclitait antérieurement;  persistance de cette ascension pendant des mois entiers (deux à huit), dans 77% des cas, après cessation du traitement.
 
Amélioration des lésions pulmonaires aussi complète que possible, semble-t-il, chez tous les sujets du premier degré, — notable chez quatre sur cinq, du deuxième, chez deux sur cinq, du troisième. — Persistance de cette amélioration pendant des mois entiers (deux à huit) après arrêt des injections.
 
Action anti-thermique probable du traitement, et, dans tous les cas, innocuité absolue. L'intérêt de ces résultats est manifeste, une comparaison va le mettre en évidence.
 
On sait que pour le traitement climatique marin de la tuberculose pulmonaire, Arcachon est de toutes les stations françaises de l'Océan la plus réputée. Or, dans son ouvrage: Cure marine de la phtisie pulmonaire (1897), Lalesque rapporte en détail l'observation de soixante malades environ, traités par lui à Arcachon et choisis entre beaucoup d'autres, dans sa pratique de plusieurs années. Achevons la sélection opérée par cet auteur et supprimons de ses observations détaillées toutes celles où le poids tombe. Nous obtenons ce tableau.
 
 

 
 
Effectuons la même opération pour notre travail, c'est-à-dire éliminons-en les quatre observations dans lesquelles le poids descend. Nous obtenons:
 
Nombre des cas traités par nous:
Nombre des cas sélectionnés:
Nombre de jours de traitements:
Gain moyen par jour et par sujet:  
19
15
1555
24 gr. 3
 
Ansi, pour 41 sujets choisis spécialement sur 213, la moyenne d’augmentation pondérale à Arcachon, sous l'influence des trois cures associées: climatique, diététique et de repos, est de 29 gr. 9 par jour et par sujet, chez des malades généralement aisés.
 
A Paris, sans cure ni diététique, ni climatique, ni de repos, pour 15 malades sur 19, dont quatre parmi ces quinze étaient mal alimentés, sept mal aérés, huit soumis à un travail excessif, la moyenne d'augmentation pondérale sous l'influence du traitement sous-cutané marin est de 24 gr. 4.
 
Comme le bénéfice pondéral résume à lui seul tous les autres, et qu'il égale presque dans nos observations, effectuées dans des conditions d'hygiène et d'alimentation si défectueuses, le bénéfice obtenu à Arcachon à l'aide des traitements classiques les plus puissants, ainsi que de toutes les ressources naturelles qui ont rendu cette station fameuse, il semble en résulter qu'on possède peut-être avec l'injection sous-cutanée de plasma marin un nouveau traitement adjuvant de la tuberculose pulmonaire de la plus grande valeur.
 

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V. — Travaux des autres autheurs
 
Les recherches des autres auteurs sur la même question—travaux de Pagano (1), Mathieu (2), Fournel (3), L. G. Simon et Pater (4), Lalesque (5), Védy (6) — vont nous permettre d'étendre nos conclusions.
 
Divisons d'abord ces recherches en deux groupes: un premier, composé de celles qui ont été effectuées selon notre méthode ou une méthode voisine; un second comprenant les autres.
   
 Travaux de Pagano, Mathieu, Fournel, Lalesque, effectués selon notre méthode ou une méthode voisine. 
 
Ces travaux confirment purement et simplement les nôtres quant à l'action de l'injection marine sous-cutanée, dans la tuberculose pulmonaire, sur le réveil de l'appétit, le retour du sommeil, le relèvement général de l'état, l'amélioration de la toux, de l'expectoration, des sueurs nocturnes, des signes stéthoscopiques (disparition des craquements), etc., etc. La concordance est si complète qu'il est inutile de s'y arrêter davantage. Sur un point que nos recherches ont insuffisamment éclairci: l'action sur la fièvre, Pagano et Lalesque apportent leur contribution: chez deux malades fébricitants, l'un à 38°, l'autre à 38°3, la température tombe sous l'influence des injections à 37°2-37°3, chez l'un (Pagano), à 37°7 chez le second (Lalesque).
 
(1) PAGANO, Rivista critica di clin. med., 1904, tome V, n" 51.
(2) MATHIEU, Progrès médical, 31 décembre 1904, pp. 523-524.
(3) FOURNEL, Académie de médecine, 23 mai 1905, et tirage à part.
(4) L. G. SIMON et PATER, Presse médicale, 19 août 1905.
(5) LALESQUE, Journal de méd, de Bordeaux, 24 septembre 1905, p. 688.
(6) VÉDY, Thèse, Bordeaux, 3 janvier 1906. L’eau de mer en thérapeutique et principalement chez les tuberculeux, 1 vol. 99 pages, Imprimerie commerciale et industrielle, Bordeaux, 1906.
 
Mais arrivons à l'action essentielle qui synthétise toutes les autres, à l'action sur le poids.                                        
 
Dans le tableau suivant nous donnons pour chaque expérience des différents
auteurs:
 
  • l'état pathologique du malade,
  • la dose moyenne d'eau de mer isotonique injectée par jour (1),
  • la durée en jours du traitement (1),
  • le nombre de jours d'observation après cessation du traitement,
  • l'augmentation pondérale par jour de chaque sujet pendant et après le traitement.
 
Ce qui frappe en premier lieu à la lecture de ce tableau, c'est la supériorité d'un certain nombre de résultats, notamment de ceux de Lalesque, sur les nôtres. En effet, tandis que notre ascension pondérale la plus forte pendant la période du traitement sous-cutané marin est de 96 gr. 8 par jour, Lalesque rapporte trois observations où ces ascensions quotidiennes sont de: 100 gr., 111 gr. 8, 129 gr. 4. De même, tandis que notre ascension la plus forte pendant la période postérieure au traitement est de 28 gr. 3 par jour, Lalesque observe des ascensions quotidiennes pendant cette période de 57 gr. 5 et 71 gr. 2 par jour.
 
Nos résultats sont donc non seulement confirmés; ils sont dépassés.
 
(1) Rappelons que notre méthode chez l’adulte est: injection pendant un temps assez prolongé (un mois et demi au moins) de 100 à 200 cc. d’eau de mer isotonique, tous les trois ou quatre jours, --- soit de 30 à 50 cc par jour.
   
Travaux de L.-G. Simon et Pater, Védy, Cariés, Mongour, effectués selon une méthode différente de la nôtre...
 
  • L.-G. Simon et Pater (Presse médicale, 19 août 1905) ont expérimenté l’injection marine dans la tuberculose pulmonaire chez des enfants de deux à quatorze ans. Leurs rèsultats ont été nuls.
 
La lecture de leurs observations en révèle la cause. Ces auteurs injectaient leurs sujets de doses de dix à trente-trois fois trop faibles. Le graphique ci-dessous (fig. 5) représente les doses d'eau de mer isotonique, par jour et par kilogramme d’enfant, employées par les différents auteurs en thérapeutique infantile.  On voit l’insuffisance des doses injectées par MM. L.G. Simon et Pater.
 
Fig. 5. - Graphique indiquant les doses de plasma marin injectées, en thérapeutique infantile, par jour et par kilogramme d'enfant, par les différents auteurs. ---Insuffisance notoire des doses injectées par MM. L.G. Simon et Pater.
   
  • Védy, Carles Mongour (in Thèse Védy, pp. 32-57, 68-82) rapportent dixneuf observations, inclassables quant à la méthode adoptée. Dans deux de celles-ci, l’eau de mer a été administrée en boisson; dans sept autres, les injections n’ont pas été poursuivies plus de huit jours; dans quatre, les doses quotidiennes n’ont pas dépassé 3 gr. 5, 4 gr. 4, gr. 7, 6 gr. 5 (au lieu de 30 à 50 gr., selon notre méthode); une autre (Mongour) est muette sur les résultats - sur ces quatorze observations, quatre seulement sont favorables.
 
Les doses, la durée du traitement, l’augmentation pondérale, les résultats obtenus dans les cinq observations retantes sont:
 
DOSE MOYENNE
par jour (gr)
NOMBRE de jour de traitement
GAIN pondéral
par jour (gr)
 
RÉSULTATS
14
17
-61.7
Disparition des craquements
10
70
+122.4
Disparition des craquements humides
20
12
?
Disparition des craquements humides et de la fièvre
12.7
31
0
3ième degré - pas d'amélioration
22.2
22
+46.1
?
 
La chute pondérale de 61 gr. 7 par jour se réfère à un malade qui perdait 63 gr. antérieurement.
 
On voit que dans ces observations, où une méthode plus voisine de la nôtre (soit par les doses injectées, soit par la durée du traitement) a été adoptée, les résultats deviennent aussitôt favorables. La disparition des craquements secs, des craquements humides et de la fièvre est obtenue. La non-amélioration d'un cas au troisième degré est conforme également à nos résultats.
 
Les travaux de tous ces auteurs peuvent se résumer ainsi:
 
  • Résultats identiques ou supérieurs aux nôtres, dans les cas où la méthode indiquée par nous a été suivie;
 
  • Résultats nuls ou inconstants, dans les cas où une méthode très différente a été employée.
 
Interprétation
 
Les résultats nuls ou inconstants se conçoivent d'eux-mêmes; ils sont le fait d'une méthode défectueuse qu'il suffira d'abandonner.
 
Les résultats identiques aux nôtres se conçoivent également; ils confirment l'action de la méthode.
 
Les résultats supérieurs, obtenus par Lalesque, semblent avoir une cause très simple qu'il convient de dégager. C'est que, alors que nous expérimentions dans des conditions d'hygiène et de diététique souvent très défavorables, cet auteur opérait avec l'aide du climat, du régime et du repos.
 

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VI.— Conclusions générales
 
Ce travail vient de mettre en lumière quatre faits principaux:
 
L'action remarquable du plasma marin, en injections sous-cutanées, dans la tuberculose pulmonaire, — action telle qu'en dehors de tout traitement adjuvant et même dans des conditions hygiéno-diététiques défectueuses, elle permet le relèvement général de l'état, le réveil des fonctions digestives, l'augmentation du poids, la régression des lésions pulmonaires;
 
L'innocuité complète de ce traitement;
 
Son activité nulle ou inconstante en dehors d'une méthode définie;
 
L'avantage qu'il peut y avoir à lui adjoindre les cures aujourd'hui classiques d'alimentation, de repos, d'aération, de climat. Les conclusions qui se dégagent de l'ensemble de cette étude sont les suivantes:
 
  • La thérapeutique parait posséder aujourd'hui avec l'injection sous-cutanée d'eau de mer isotonique un nouveau traitement adjuvant de la tuberculose pulmonaire d'une puissance digne d'attention. Cette puissance semble égaler à peu près à elle seule celle des trois cures associées, d'alimentation, d'aération et de repos. On pourra juger par ce fait seul de l'importance qu'est susceptible d'acquérir la méthode, dans les grands centres en premier lieu, chez la classe sédentaire;
 
  • Aucune contre-indication n'apparaît jusqu'ici, dans les diverses formes de la tuberculose pulmonaire, à ce procédé thérapeutique nouveau;
 
  • Son efficacité dépend de son application méthodique, définie en détail plus haut, et qui peut se résumer ainsi: injections de 100 cc. environ tous les trois jours, pendant un mois et demi au moins, avec surveillance ensuite et reprise des injections s'il le faut;
 
  • La cure climatique, ou simplement d'air et de repos, semble devoir ajouter au bénéfice dû à l'injection marine sous-cutanée.
 

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